Edito
Picastars
Titres
Ecouter
Où Trouver
Retour

À peine la galette enfournée que déjà tout s'emballe, tambour battant, surprenant jusqu'aux musiciens eux-mêmes ! Comme notre planète, le disque tourne, tourne, et entraîne dans son sillon ses méli-mélodies multicolores, ses petits univers musicaux chaque fois différents, et le temps qui passe trop vite et nous transforme, emportant sous son manteau obscur nos joies et nos peines.

La démarche musicale est la même que pour notre premier disque ("à écouter avec les yeux") : la superposition. D'abord, les chansons reposent toutes sur un contraste aussi spectaculaire que possible entre une orchestration riche et foisonnante, et de petites voix d'enfants toutes simples.
Ensuite, des bruitages incrustés ici ou là viennent ponctuer les mélodies comme autant de virgules, de points d'exclamation et d'interrogation, ou de points de suspension… apportant une touche dynamique et saisissante. Enfin, les interprètes en herbe réagissent "en direct" à ce qu'ils chantent, vivifiant et humanisant ainsi les chansons. Et tout cela se répond, se chevauche, s'entremêle et s'interpénètre, pour former au final un tout cohérent.

Comme P i c a b o u , Grandissimo tire son originalité de la mise en scène de chacun des titres. Les chansons sont autant d'occasions de planter un "décor" sonore réaliste, dans lequel quelque chose va se passer. Plus que de simples interprètes, Arthur et Marie deviennent acteurs à part entière de leurs chansonnettes, jusqu'à les vivre de l'intérieur. De façon aussi spontanée qu'inattendue, ils peuvent tout aussi bien dialoguer entre eux, interpeller les musiciens, s'adresser à l'auditeur, ou tout bonnement se mettre à jouer la situation qu'ils chantent. Ainsi s'emmêlent sans cesse envolées musicales, passages chantés, réactions à vif, saynètes, et cela tout naturellement. Chaque titre devient ainsi un petit monde indépendant et organique, avec sa couleur musicale et son univers propre.

Mais ce qui caractérise particulièrement notre nouvelle galette, c'est l'aventure vécue qu'elle raconte : mises bout à bout, les chansons témoignent du voyage d'Arthur et Marie sur le chemin de la vie, du temps qui défile, et qui bien entendu ne manque pas de les transformer. Les enregistrements se sont déroulés sur trois années, et forcément, si la voix de Marie change, celle d'Arthur mue ! Voilà notre plus grande fierté : celle d'avoir capturé une tranche de vie universelle, ce passage que nous avons (ou aurons !) tous traversé : celui de l'enfance à l'adolescence. Ainsi Grandissimo donne à entendre ce que seules des photos prises année après année pouvaient montrer.

Cependant, les clichés ne peuvent saisir que le visible, l'apparence, la croissance physique. Et si la mue d'Arthur rend compte de ces transformations naturelles, les paroles et la musique ont le privilège de pouvoir transcrire l'invisible : l'évolution et l'approfondissement des sentiments et de l'appréhension du monde. En effet, à mesure que le disque déroule ses mélodies, voilà nos picastars lancés dans un voyage, tant géographique avec ses mélodies du monde, qu'intérieur avec ses questions existentielles : d'où venons-nous ? ("Mission Exploraterre"), où allons-nous ? ("La marche du manchot"). Ils prennent conscience de la grâce d'être en vie ("Viva !") comme du drame de la mort ("Dites-lui"), de l'insondable de leur nature humaine ("L'homstre") comme de l'infini vertigineux ("Les Yeux dans les Cieux"), de la condition sociale, avec ses injustices ("Petite impératrice"), et ses choix de vie ("L'amigo Juan"). Et bien sûr, avant toute autre chose, de leur propre métamorphose, d'abord angoissante ("On grandit 1 & 2"), avant d'être source de jubilation ("Métamorphosis") car, malgré les désillusions qu'elle entraîne ("Désenchantement"), elle est aussi la promesse d'un bonheur à venir ("Marie Baba") après avoir gagné son indépendance ("Ma Petite Odyssée").

Ainsi, de "La Marche du Manchot" à "Ma petite Odyssée" la boucle est bouclée. L'enfant est devenu acteur de sa propre vie, et peut enfin mettre en pratique l'invitation à l'hédonisme prônée en ouverture.

Alors ? Prêt pour (re)vivre à l'oreille ce voyage universel ? Ben alors, qu'est-ce que t'attends pour commander ta galette ?